Ça ne vous dérangerait pas d’éteindre votre cigarette ? La question était posée poliment. Mais pour les New-Yorkais qui fumaient dans les jardins publics ce week-end-là, elle avait une résonance presque menaçante. “Si”, a répondu posément Mikey Quackenboss, 25 ans, en tirant sur sa cigarette dans McCarren Park, à Brooklyn. “Ça me dérange. Beaucoup.”
Dans Bryant Park, à Midtown Manhattan, une femme élégante a demandé en serrant les dents de rage : “C’est illégal ?” Quand on lui a expliqué que ça pourrait le devenir, elle a écrasé à contrecœur sa cigarette dans l’herbe : “La dernière fois qu’un gouvernement a tenté d’interdire au peuple de fumer, c’était sous Hitler. Vous devriez vous renseigner.” Seule une jeune femme, les yeux plissés par un sourire amical, a obtempéré sur-le-champ. “Je peux aller plus loin, si vous voulez”, a proposé Claire Delmas, une consultante en finance de 29 ans. Mais peut-être son opinion ne comptait-elle pas vraiment, car elle était originaire du Luxembourg.
Cette expérience était une sorte de “caméra cachée”. Des élus municipaux proposent que l’interdiction de fumer dans les jardins publics, sur les plages et sur les esplanades présentée par le maire de New York, Michael Bloomberg, soit appliquée par la police et les gardiens des jardins publics, mais aussi par des citoyens ordinaires qui demanderaient aux fumeurs d’accomplir leur devoir civique en éteignant leur cigarette. M. Bloomberg et ses partisans souhaitent que le fait de fumer à l’extérieur soit perçu comme un acte socialement inacceptable, méritant un avertissement ou un rappel à l’ordre de 50 dollars.
New York est une ville où les gens apprennent à cohabiter avec huit millions de voisins. Les nouveaux venus savent très vite quand il convient de regarder quelqu’un dans les yeux et quand il est préférable de l’éviter (ce dernier cas étant le plus fréquent). Ils apprennent à ne pas violer l’espace privé d’autrui sur les trottoirs ou dans des rames de métro bondées. New York est une ville où de légères transgressions, comme le fait de marcher en dehors des passages cloutés ou de porter des vêtements étranges, différencient les gens originaires de l’Iowa des New-Yorkais de souche.
Enfin, New York est une ville où celui qui omet de s’excuser s’expose à de vives remontrances et peut même provoquer des violences s’il a affaire à un conducteur agressif. Autant de facteurs qui conduisent à se demander s’il est vraiment raisonnable de donner aux New-Yorkais une raison supplémentaire de s’affronter.
Selon Gale Brewer, élue de l’Upper West Side, si un nombre suffisant de gens font entendre leur voix, il deviendra aussi tabou de fumer dans des jardins publics que de laisser son portable allumé dans une salle de cinéma.
“Des gens m’ont demandé si l’on pouvait intenter une action contre ces interdictions. Mais ça n’est pas possible, car l’adoption des lois sur la santé publique relève de la compétence de l’Etat”, explique de son côté le défenseur des droits civiques, Norman Siegel. L’élément décisif, selon lui, pour que l’interdiction soit appliquée pourrait bien être la courtoisie. Revenons donc à notre expérience. Pourriez-vous éteindre votre cigarette ? “Non, non, Non”, a répondu Gary McKnight, 24 ans, un autre livreur à vélo qui fumait dans McCarren Park. Quand on lui a expliqué la nature de l’opération, il a précisé qu’il n’avait pas voulu être grossier et que, si la proposition était adoptée, il s’y soumettrait.
“Si cela vous dérange, allez plus loin”, a répliqué un autre fumeur. Quand il a su qu’il s’agissait d’un simple essai, il a ajouté : “Qu’est-ce qu’ils vont chercher à interdire ensuite ? De fumer sur les trottoirs ?” Puis il a expliqué qu’avec tous les fumeurs obligés de sortir des immeubles les trottoirs étaient de plus en plus couverts de monde et que lui-même trouvait parfois l’air très toxique.
Même la police s’est montrée assez réservée à l’idée de verbaliser des gens fumant dans des jardins publics. “Nous n’avons pas d’opinion positive ou négative”, a indiqué l’un d’eux. “Il y a déjà une foule de choses à rédiger. Ça en ferait une de plus.” Quelques fumeurs ont été suffisamment courtois, ou effrayés, pour éteindre leur cigarette ou quitter les lieux. Mais plusieurs autres ont invoqué la légalité. “Je ne vois aucun panneau disant qu’il est interdit de fumer”, a observé Ken Dorazio, qui s’est présenté comme étant “à la fin d’une carrière médiocre à Wall Street”, ajoutant : “A ma connaissance, on est encore dans un pays libre, non ?” Alors qu’on lui conseillait de se calmer, il a grommelé : “Le meilleur endroit pour fumer aujourd’hui est votre voiture. Là au moins, vous êtes chez vous.”
Anemona Hartocolis, The New York Times
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oct
02Irlande, la législation anti-tabac la plus draconnienne en Europe
Publié par : arlacais le 2 octobre 2010 à 6:06Fumer et vivre en Irlande, ce n’est pas forcément une partie de plaisir pour certains, surtout depuis l’an 2004. Et encore moins depuis 2009. Suivez nous pour une balade dans le monde du « no smoking » irlandais.
L’Irlande, le premier pays à contrôler le tabagisme passif par la règlementation
Le 29 mars 2004, une loi tout à fait révolutionnaire interdisant de fumer dans tous les lieux fermés qui constituent des lieux de travail est entrée en vigueur en Irlande. Destinée à protéger les employés contre les risques du tabagisme passif, elle est la toute première loi nationale du genre en Europe.
L’interdiction irlandaise a reçu une attention considérable des médias dans le monde entier et l’expérience positive a été un encouragement pour d’autres gouvernements nationaux qui souhaitaient introduire des interdictions similaires. Ainsi, l’Irlande a-t-elle été suivie par la Norvège en décembre de la même année. Puis l’Italie lui a emboité le pas dès le 10 janvier 2005 et la Suède s’est jointe au mouvement en juin 2005. Aujourd’hui, la quasi-totalité des pays européens (y compris les non CE) disposent d’une loi interdisant la consommation du tabac dans les lieux publics.
Genèse de la réglementation anti-tabac irlandaise
Son application en Irlande représente l’aboutissement des efforts du gouvernement et des autorités sanitaires du pays afin de réduire la consommation de tabac. La lutte contre ce fléau a débuté dès les années 1970. Une série de législations et de règlementations contraignantes interdirent successivement la publicité du tabac à la radio et à la télévision, et la limitèrent dans la presse écrite. Les taxes sur le tabac et sur les produits du tabac ont été volontairement maintenues à un taux très élevé, rendant ainsi cigarettes et tabac parmi les plus chers en Europe. La vente discount y a été interdite.
Les programmes d’éducation ont également été développés par le ministère irlandais de la Santé pour promouvoir l’arrêt volontaire du tabac. En 1994, un accord concernant la fumée passive a été débattu et négocié entre le Gouvernement et les partenaires sociaux. Il y incluait entre autres une interdiction volontaire de fumer sur les lieux de travail.
Avant 1975, près de la moitié des Irlandais fumaient
Les mesures décrites ci-dessus eu un succès considérable. En Irlande, en 1975, 45% de la population fumait. En 1996, ce chiffre est de 33%, et de 27% en 2002 (sources Slàn Reports 1998 & 2002).
Cependant, les maladies liées au tabac restent très nombreuses et les statistiques démontrent que l’Irlande a l’un des taux de mortalité dû au tabac les plus élevés d’Europe. Et il est devenu de plus en plus évident qu’une part non négligeable de ces décès étaient due au tabagisme passif.
La législation irlandaise actuelle interdisant de fumer dans les lieux de travail prend forme dès Novembre 1999, le Comité Mixte pour la Santé et les Enfants du Parlement Irlandais a publié le résultat de ses travaux, recommandant qu’une stratégie nationale anti-tabac soit adoptée sans tarder.
En réponse, un groupe d’études a été créé pour faire des recommandations au Ministre de la Santé et des Enfants. Son rapport « Towards a Tobacco Free Society » (Vers une Société sans Tabac) a été publié en 2000 et a été adopté en tant que politique gouvernementale de référence. Ses quatre objectifs principaux consistent à :
- changer les attitudes vis-à-vis du tabac par une meilleure communication, et faire respecter la loi,
- à protéger chaque citoyen de la fumée passive,
- soutenir et à apporter une aide spécifique à toute personne souhaitant arrêter de fumer,
- enfin à cibler plus particulièrement les enfants au travers d’une meilleure éducation, et en adoptant une régulation plus dure envers les industriels du tabac.
Un organisme de contrôle du tabac pour faire respecter les lois
En 2002 fût créé l’OCT (Office of Tabacco Control, Bureau de Contrôle du Tabac), sous la tutelle du Département de la Santé et des Enfants. Il est chargé essentiellement de faire respecter les lois sur le tabac, ainsi que de les renforcer. La même année, une nouvelle loi donne au ministre de la Santé et des Enfants le pouvoir d’interdire de fumer dans les lieux de travail.
Au début de 2003, le Bureau de Contrôle du Tabac présente un rapport à très fort impact médiatique sur les effets néfastes sur la santé du tabagisme passif dans les lieux de travail fermés. Au moment de la sortie du rapport, le ministre de la Santé et des Enfants annonce son intention d’introduire une interdiction de fumer dans les lieux de travail, qui entrera en vigueur en Janvier 2004.
Cette annonce, puis son application a été immédiatement encouragée par les différents partis politiques ainsi que par les syndicats. D’emblée, dès 2003, près de 75% de la population a soutenu la proposition d’interdiction de fumer dans tous les lieux de travail, y compris dans les bureaux et les usines. Paradoxalement, une grande proportion de fumeurs a fortement encouragé l’interdiction, disant qu’il leurs serait ainsi plus facile d’arrêter de fumer.
Interdiction de fumer dans tous les lieux de travail… et même dans les pubs !!
Il y eu une néanmoins une opposition très virulente contre ce projet, et cela, plus particulièrement pour bloquer l’introduction d’une interdiction totale de fumer dans les cafés (pubs), bars, restaurants et discothèques. Une variété impressionnante d’arguments a été avancé, mais l’accent à été plus particulièrement mis sur les conséquences catastrophiques pour l’économie, ainsi que sur les interférences avec le tissu social de la société.
En effet, les pubs irlandais ont une place particulière dans la société irlandaise. Depuis toujours, en Irlande, les pubs sont considérés comme des lieux d’interaction sociale plus que des simples lieux de consommation de produits alcoolisés. Les tenanciers ont fait valoir que l’interdiction totale de fumer dans leurs pubs porterait gravement atteinte à leur chiffre d’affaire, en prédisant que les clients déserteraient les lieux s’ils ne pouvaient y fumer.
La campagne de l’opposition, soutenue en sous main par les industriels du tabac a continué tout au long de 2003, mais aussi bien le gouvernement, que les partenaires sociaux (syndicats et patronat), et les organismes professionnels ont tenu bon.
Et ils ont eu bien du mérite, tant les arguments des opposants ont été nombreux. Le plus importants prédisaient une perte de dizaines de milliers d’emplois dans le secteur de l’hôtellerie-restaurations et des loisirs après l’interdiction de fumer. Il y eu quelques concessions, autorisant notamment de fumer dans les chambres d’hôtel ou en prison, ou encore dans les hôpitaux psychiatriques, mais en dépit de l’opposition, l’interdiction a été définitivement promulguée.
29 mars 2004, l’Irlande est le premier pays au monde à bannir la fumée dans les lieux de travail !
« Le Public Health (Tobacco) Act 2002 (Loi sur la santé publique et le tabac) amendé en 2004» fut donc introduit le 29 mars 2004 dans toute l’Irlande. Depuis cette date, fumer est totalement interdit sur les lieux de travail clos, y compris dans les 10 000 pubs Irlandais. Mais aussi dans les bars, restaurants, clubs, discothèques, ainsi que, plus, généralement, dans tous les bâtiments publics, les entreprises en général. Il est également interdit de fumer dans les véhicules de société, les bus, taxis et les camions.
Son application a été précédée par un débat national qui a fortement mobilisé l’opinion publique irlandaise. Il y eu également une longue préparation préalable, soutenue par une collaboration exemplaire entre les différents partenaires précédemment cités. Enfin, il y eu aussi une campagne médiatique très efficace sur les méfaits du tabac (Smoke-Free at Work), au point que la grande majorité des Irlandais ont d’emblée soutenu cette loi, fumeurs y compris.
Enfin, et surtout, si la loi irlandaise fut généralement si bien respectée dès la première journée, c’est parce que des sanctions particulièrement salées ont immédiatement visées les récalcitrants, et plus particulièrement les patrons de pubs (de bars, de restaurants, ou de discothèques). En cas de non application de la loi, ils risquaient de perdre leur licence, ainsi que de se voir infliger une amende de 3000 €.
D’ailleurs, depuis 2004, le grand public dispose d’un numéro vert pour signaler toute infraction à la loi… Et dès les premiers jours, les inspecteur de l’OTC sont particulièrement actifs, et sévissent très rapidement après un signalement.
Au final, quels ont été les résultats de l’interdiction de fumer irlandaise ?
Contrairement aux prévisions alarmistes des professionnels concernés, la mise en place de cette mesure s’est très bien passée. Les pubs n’ont pas fermés en masse. Dans les premières semaines, les chiffres indiquèrent que les ventes des produits alcoolisés dans l’ensemble des pubs irlandais ont baissé de 15%, mais en contrepartie, la vente de repas et autre en-cas y a augmentés, ce qui dénote un changement dans l’attitude du public vis-à-vis des pubs.
Plus généralement, le chiffre d’affaire des bars, pubs, restaurants et night-clubs est resté quasiment stable, ce, malgré l’interdiction et grâce aux changements d’habitude des gens. Selon une enquête réalisée par l’OTC un an après l’entrée en vigueur de la loi, celle-ci bénéficiait d’un très large soutien des Irlandais. Près de 93% de la population se déclarent satisfait, y compris 80% des fumeurs. Et 96% des sondés pensent que la loi antitabac est un succès.
Les mêmes règles à domicile !
Trois ans plus tard, le rapport SLAN 2007 confirme en outre qu’une majorité de la population aurait même adopté certaines des règles de la loi à leur propre domicile. Ainsi, près de 60% n’autorisent (ou ne s’autorisent) pas de fumer n’importe où chez eux, et 23% ne (se) permettent l’usage du tabac qu’à certains endroits ou à certains moments.
Aujourd’hui, malgré la crise, ne plus fumer sur les lieux de travail est entièrement passé dans les mœurs !
Hélas, depuis l’été 2007, l’Irlande est affaiblie par une récession d’une ampleur sans précédent. En moins de 3 ans, la crise économique a transformée l’ex-« tigre celtique » en un des pays les plus mal en point d’Europe avec la Grèce, le Portugal et l’Espagne. Le taux de chômage y est passé de 4,8% en mai 2007 à 13,8% en août 2010.
Pour éviter le naufrage, le gouvernement a imposé des mesures de rigueur drastiques : réduction de 5 à 15% des salaires des fonctionnaires, réduction des allocations sociales, création de nouvelles taxes, augmentation des impôts. Les gens économisent, consomment moins, sortent moins, les ventes dégringolent. Tous les secteurs souffrent d’une baisse conséquente de leur chiffre d’affaire.
La crise à bon dos pour les fabricants ?
Pas loin de 10000 emplois ont été perdus dans les secteurs de la restauration et des divertissements en 2 ans. Y compris dans les cafés (pubs), bars, restaurants ou discothèques. Les prix de pubs a quasiment été divisé par deux en deux ans. Certains adversaires de l’interdiction de fumer tentent à présent de profiter de la situation pour revenir à la charge, en prétendant qu’autoriser la fumée dans les pubs y referait revenir les clients.
Mais il semble à l’évidence que leur combat soit perdu à l’avance, tant cette interdiction à fumer dans les lieux de travail est aujourd’hui totalement acceptée par les Irlandais (à + de 97%), et rare sont ceux qui remettraient volontiers les pieds dans un pub, un bar ou un restaurant enfumé.
(A suivre : 2009, année fatale pour les fumeurs irlandais ?)
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sept
05Australie premier pays à imposer des paquets de cigarettes sans logo
Publié par : arlacais le 5 septembre 2010 à 6:29L’Australie va devenir le premier pays au monde à interdire les logos, marques et images promotionnelles sur les paquets de cigarettes. Et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) invite instamment le reste du monde à suivre son exemple.
A partir du 1 Juillet 2012, la nouvelle législation australienne imposera aux fabricants de tabac de vendre leurs cigarettes dans un packaging de couleur unie, neutre, c’est-à-dire sans aucun logo, images ou textes promotionnels.
Au lieu de logos, de designs et de typographies séduisants, seuls subsisteront les grandes et terrifiantes photos représentant des parties du corps atteintes du cancer (qui y figurent déjà), ainsi que les textes de la campagne de prévention gouvernementale contre le tabac. La marque des cigarettes figurera au bas de l’emballage, ou elle y sera reléguée, réduite à une simple police générique écrite en tous petits caractères.
En rendant ainsi les paquets moins attrayants pour les fumeurs, le gouvernement espère faire baisser le nombre de fumeurs.
Même si les législations sur le tabac de certains pays tels que la Norvège, l’Irlande, l’Islande ou le Bouthan sont déjà particulièrement sévères, l’Australie est le tout premier pays au monde à adopter de telles mesures aussi draconiennes.
Si l’Australie est l’un des pays les plus rigoureux au monde en ce qui concerne le tabagisme, cette rigueur semble bel et bien efficace puisqu’on estime qu’environ 16,6% de la population australienne fume encore aujourd’hui, contre 24% en 1998.
Cette baisse peut être attribuée en partie à des restrictions de la publicité et des hausses de prix.
En effet, la lutte contre le tabagisme a commencé dès 1976 par l’interdiction totale de publicité dans la presse écrite, à la radio et à la télévision.
Par ailleurs, le gouvernement australien a également augmenté très récemment les taxes sur les cigarettes de 25% ! A présent, l’Australie est devenu l’un de ces pays ou fumer devient aujourd’hui un véritable luxe : en effet, un paquet de cigarettes classiques de 25 cigarettes y coûte près de 11.55€ (le paquet de 20 n’existe pas dans ce pays). En proportion, un paquet de 20 cigarettes coûterait environ 9.25€, ce qui fait de l’Australie un des pays les plus chers au monde (dans le top 5 mondial) pour la consommation de cigarettes.
La nouvelle loi permettrait aussi de restreindre la publicité sur Internet. Enfin, l’introduction des paquets neutres est «la dernière étape qu’il nous restait à adopter», selon le Premier Ministre Australien Kevin Rudd. « Cette nouvelle loi imposera des règles sévères aux fabricants de tabac, sans doute les plus dures dans le monde, et les fabricants de cigarettes vont les détester, » rajoute-t-il.
Les représentants des compagnies de tabac, tels que la puissante Imperial Tobacco Australia Ltd. fustigent bien évidemment cette nouvelle augmentation de prix, ainsi que cette nouvelle loi, et menacent le Gouvernement Australien de se battre en Cour de Justice afin de demander réparation de l’énorme préjudice qu’elles auront à subir.
D’ores et déjà, certains pensent que les bénéficiaires de telles mesures seront les sans doute les fabricants d’étuis à cigarettes et de stickers (autocollants) qui permettront de masquer les images choquantes et même de relancer la mode de boites à cigarettes. Il parait donc évident que l’Australie va devoir batailler ferme pour que les fabricants ne puissent pas proposer des étuis, des stickers ou des boites avec leur marque.
Il y a un grand nombre de tests et d’études très sérieuses qui permettent de penser que l’emballage neutre permettra de réduire drastiquement la consommation de cigarettes en Australie. En effet, les régulateurs « ozzies » prendront un des produits les plus stratégiquement marketés dans le monde et elles le dé-marqueront », déshabillant ainsi littéralement les cigarettes pour les transformer en très peu de choses, à savoir : « leur « nom, le goût et le coût ».
Le fait de « décaper » les paquets de leurs attraits éradiquera totalement les campagnes de marketing des fabricants de tabac, déclare par ailleurs le professeur Rob Moodie, président de la « National Preventative Health Taskforce », qui est à l’origine de la nouvelle loi.
Et il est vrai que la seule chose que les fabricants de tabac australiens craignent le plus, après les récentes hausses de prix, est l’emballage neutre, car elle leur enlève la seule et dernière véritable possibilité de représenter l’image de marque de leurs cigarettes », a déclaré Moodie.
Est-ce que tout cela sera efficace pour autant? Dans un article de Science Direct (* voir le lien ci-dessous), Daniella Germain conclut ainsi:
« Lorsque des éléments de la marque tels que la couleur, le logo et les images ont été progressivement retirés de paquets de cigarettes, les adolescents ont perçu les paquets comme moins attrayants, l’emballage a été évalué de façon beaucoup moins positive par un fumeur typique, et tous avaient des préjugés plus négatif du goût de la cigarette. La séduction du paquet s’est encore plus réduite lorsque la taille de l’illustration de l’avertissement de santé sur l’ensemble du paquet neutre a été augmentée de 30% à 80%. »
Et il est vrai que dans le monde entier, l’emballage est essentiel pour les adolescents. Le marketing des fabricants est très ciblé « design pour adolescents». Plus les paquets sont attrayants (sympas), plus cela incite les jeunes à se mettre à fumer. D’ailleurs, il existe des paquets spécifiquement conçus pour les jeunes. Rendre la clope « has been » au travers d’un paquet moche, voire même repoussant, va presque à coup sûr freiner une bonne partie des adolescents dans l’achat de leurs premières cigarettes. Et c’est tant mieux !
Mais de là à penser que cette mesure sera efficace pour les accrocs à la nicotine, la plupart des fumeurs et des non-fumeurs australiens pensent aujourd’hui que ce sera peine perdue. Car un fumeur régulier fumera toujours, quel que soit l’état du paquet. Son envie restera la même.
Les fabricants de cigarettes australiens doivent toutefois dès aujourd’hui trouver d’autres voies de marketing. Surtout à destination des jeunes. Ainsi, vont-ils très probablement essayer de changer la couleur des cigarettes, ou même se concentrer sur la feuille de papier à l’intérieur de l’emballage, afin d’obtenir une certaine reconnaissance de la marque auprès des consommateurs.
Il existe aussi d’autres moyens de créer une différenciation entre les marques, comme par exemple en se concentrant sur la taille des cigarettes ou en altérant la dénomination de la marque elle-même. Un exemple typique est la transformation du logo de Marlboro sur les F1 de Ferrari. Depuis que toutes les marques de tabac ont été bannies de la carrosserie des F1, le code-barres rouge, noir et blanc visible sur les voitures et les tenues du personnel de Ferrari évoquent le graphisme d’un paquet de cigarettes de Marlboro. Certains appellent cela du « marketing subliminal »
Des grandes marques de cigarette australiennes essayent désespérément – et à toute vitesse- de déposer un maximum de noms, de brevet et de marques, avant l’heure fatale – pour elles. Parions toutefois qu’elles explorent déjà toutes les ramifications possibles de cette loi et cherchent (et trouveront) comme d’habitude, des solutions de contournement qu’une autre loi chassera à nouveau d’ici quelques années, et ainsi de suite. Ainsi va l’argent …
Il sera intéressant de voir comment tout cela se développe et si d’autres pays adoptent des lois similaires à l’Australie. En tout cas, la simple annonce de l’introduction de cette loi à créé un gigantesque buzz mondial. Gageons que nombreux seront les gouvernements à observer de près l’évolution de la commercialisation des nouveaux paquets de cigarettes australiennes en 2012.
(*) article de Daniella Germain dans Science Direct
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août
24Le Bouthan, seul pays au monde à interdire la vente du tabac !
Publié par : arlacais le 24 août 2010 à 8:48Le Bouthan, vous connaissez ? Grand comme la Suisse, situé entre l’Inde et le Tibet et entouré par les hauts sommets himalayens, ce pays compte un peu plus de 1,7 millions d’habitants, dont moins de 800.000 autochtones. Très discret, il n’a jamais fait parler de lui. Excepté en 1974, lorsque le roi décréta le concept du « Bonheur National Brut » (*), et en 2004, ou il y prohiba totalement le commerce du tabac.
Depuis fin 2004, le petit royaume du Bhoutan est en effet devenu le premier (et le seul) pays au monde à totalement interdire la vente de tabac. Mais cela ne signifie pas pour autant que ses habitants n’ont pas le droit de fumer. Il est juste interdit de fumer en public.
Les habitants peuvent continuer à fumer du tabac, ou à le chiquer, dans un cadre privé… à condition de l’acheter hors du pays et de payer des taxes de 100% sur le prix de vente. Ainsi que 100% de droits de douane sur les produits du tabac.
La vente de tabac est fortement réprimée, et elle punie d’une amende de 10.000 Nu (220 dollars), une somme plus que prohibitive, au regard du revenu mensuel moyen, qui est de moins de 18 dollars.
De 1 à 7% de fumeurs en quelques années
Selon les autorités, au Bouthan, en 2004, moins de 7% de la population fumait ou chiquait du tabac, mais ce pourcentage était d’à peine 1% une décennie plus tôt. Selon un représentant du ministère de la Santé, les hommes, surtout les jeunes commençaient à en prendre l’habitude, et cela est vite devenu un problème de taille.
Il était donc plus que temps de prendre ces mesures courageuses. C’est donc depuis le 17 décembre 2004 – jour de la fête nationale – que la loi prohibant le commerce du tabac dans l’ensemble du pays est entrée en vigueur.
Cette impossibilité de se procurer du tabac a, depuis lors, grandement aidé les citoyens de ce petit pays de 2 millions d’habitants à arrêter de fumer. D’ailleurs, la très grande majorité des Bhoutanais ont immédiatement encouragé cette initiative, car les enseignements du bouddhisme déconseillent l’usage de tabac – très justement considéré comme mauvais pour la santé.
Est-ce qu’on devrait en faire autant chez nous ?
Et vous, que pensez vous de cette façon radicale d’éradiquer la consommation de tabac de ses habitants ? Est-ce que nos gouvernements devraient utiliser la même méthode pour obliger leurs citoyens à arrêter de fumer… puisqu’il semble – sauf rares exceptions – que toutes les méthodes actuellement employées ne freinent que très peu l’évolution du tabagisme ?
(*) voir à ce propos l’excellent article sur le Bouthan écrit par Christian Bouchet.
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août
18La Norvège – Championne du Monde de Lutte contre le Tabac
Publié par : arlacais le 18 août 2010 à 6:29La Norvège, championne du monde
Tout comme l’Australie, la Norvège est l’un des pays les plus contraignants dans la lutte contre le tabagisme. Depuis plus de 35 ans (1975) une loi y interdit toute publicité pour le tabac, et la limite d’âge pour pouvoir acheter du tabac est fixée à 16 ans !!
La Norvège est alors un précurseur dans ce domaine, et ne sera suivi que bien des années plus tard par la majorité des pays européens.
En 1988 est adopté la « loi pour une atmosphère saine » (Clean Air Act), complétant sa loi de 1975. Depuis cette loi, il est interdit de fumer dans les locaux publics, dans les transports en commun, dans les salles de réunion et lieux de travail ou au moins 2 personnes sont présentes.
Cette interdiction ne s’applique (pas encore) aux bars, restaurants, cafés et hôtels. Mais ces locaux doivent adopter progressivement des zones réservées pour les fumeurs
Le tabac y est de plus en plus banni.
En 2004, la Norvège devient le deuxième pays au monde après l’Irlande à totalement interdire de fumer dans les lieux publics, y compris dans les bars, restaurants et boîtes de nuit. Et plus globalement dans tous les lieux où l’on sert des produits alimentaires ou des boissons. Il n’y est plus possible d’y installer des zones « fumeurs », ni même des salles réservées aux fumeurs.
Par ailleurs, suivant en cela l’exemple de plusieurs autres pays européens, tels que l’Irlande ou l’Islande, dès le 1er janvier 2010, la Norvège adopte une loi visant à limiter la disponibilité des produits du tabac dans les commerces de détail. Son objectif est simple : réduire les achats impulsifs, et à plus ou moins longue échéance, supprimer la demande de tabac en rendant moins visible.
Aujourd’hui, dans les magasins et autres lieux de vente en Norvège, il est donc tout simplement interdit d’exposer au yeux du public des cigarettes (ou du tabac). Les paquets et autres cartouches sont entreposés dans des armoires opaques, ou sous un comptoir.
On les trouve désormais surtout dans des distributeurs automatiques appelé « Vensafe Dispenser », automates sans « fenêtres » qui ne laissent apparaître ni logos, ni images publicitaires des marques sur les paquets de cigarettes ou de tabac.
Et ce n’est pas tout…
D’autres lois sont à l’étude afin de freiner encore plus les ventes de tabac. Ainsi est-il envisagé de limiter la vente de tabac aux seuls points de vente qui proposent de l’alcool, en restreignant leur vente aux seuls supermarchés, hypermarchés et discounters. Une telle initiative permettrait de réduire considérablement la disponibilité du tabac.
Priorité à la prévention :
La législation anti-tabac ne suffit pas. Informer, éduquer et aider les personnes souhaitant arrêter de fumer font également partie du plan norvégien de lutte contre le tabagisme. Depuis des décennies, la Direction norvégienne de la Santé mène des campagnes anti-tabac très efficaces, spécialement crées pour laisser une impression durable sur les méfaits du tabagisme, en particulier auprès des jeunes.
D’ailleurs, une formation approfondie sur les effets du tabac est incorporé dans les programmes scolaires, et cela concerne tous les enfants d’âge scolaire. Enfin, les personnes souhaitant arrêter de fumer sont particulièrement aidées et soutenues par les pouvoirs publics, les collectivités locales et les entreprises. C’est même là un des piliers de la politique norvégienne de lutte contre le tabac.
Champions du monde… des prix !
Pour lutter contre le tabagisme, il faut évidemment fortement taxer le porte-monnaie des fumeurs. Aussi, depuis plusieurs années, le gouvernement ne cesse d’augmenter les taxes sur les produits du tabac. Et il faut bien reconnaître qu’il n’y va pas avec le dos de la cuiller. La Norvège est devenue en quelques années l’un des pays ou les cigarettes et le tabac sont les plus chers au monde.
En 2007, le prix moyen d’un paquet de Marlboro en euro était de 7,18. En 2008, il est passé à 9,40 €. Ce même paquet de Marlboro Red coûte aujourd’hui (août 2010) près de 80 NOK (10,20 €)… à condition de l’acheter dans une épicerie. Car les kiosques et les stations service vous feront payer jusqu’à 100 NOK (12,65€).
C’est quasiment le record du monde des cigarettes les plus chères au monde !!
Ca marche : on y fume de moins en moins.
En quelques 35 ans, la Norvège est devenue l’une des nations les plus restrictives d’Europe (voire même du monde) en ce qui concerne de lutte contre le tabagisme.
ll semblerait que toute cette panoplie législative soit très efficace, puisque selon Statistics Norway, en 2009, seulement 21% des Norvégiens de 16 à 74 ans fumaient encore sur une base quotidienne (contre 29 % en 2002). Il est établi que la baisse régulière du nombre de fumeurs adultes au cours des dix dernières années peut être clairement attribuée à ces politiques anti-tabac lancée par le gouvernement norvégien.
Mais en revanche, on y prise de plus en plus …
Toutefois, vers 2004, lorsque les autorités ont imposées une règlementation stricte sur la consommation de tabac dans les lieux public, la consommation de tabac à priser (appelé Snus) à grimpée en flèche. Consommée presque uniquement en Norvège et en Suède, le Snus est une poudre de tabac humide à placer derrière la lèvre supérieure. Or, les conséquences de ce produit du tabac sur la santé sont encore peu connues.
Même si l’Union Européenne a interdit la vente de Snus, et ce dès 1992, car il a été prouvé que l’utilisation de ce type de tabac est cancérigène, la Suède et la Norvège ont été exemptées de cette interdiction.
Comme quoi… un mal peut en chasser un autre. Mais peut-être en occasionnant moins de dégâts ?
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Le gouvernement déposera au début du mois d’octobre un projet de loi visant à imposer un paquet de cigarettes, sans logo et sans marque. Le but étant de renforcer la lutte contre le tabagisme en France, il reste à savoir si les indications comme « Fumer Tue » resteront.
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Le plus étonnant est que tous les fumeurs connaissent les dangers du tabac. Surtout depuis l’affichage obligatoire des risques sur tous les paquets de cigarettes. Ces dangers ne sont pas anodins, chaque année en France, sont recensés 60 000 décès d’une maladie liée au tabac. Le risque le plus souvent cité est le cancer du poumon, mais ce n’est pas le seul et 30% des cas de cancer sont liés au tabagisme.
Qui n’a pas dans sa famille ou ses relations connus des exemples ?
Cela concerne également les fumeurs passifs, heureusement les lois commencent à les protéger en interdisant de fumer dans les lieux publics. Et en créant des zones fumeurs dans les restaurants, ce qui limite un peu l’ exposition aux fumées indirectes.
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août
10Bienvenue sur ce site consacré aux méfaits du tabac !
Publié par : arlacais le 10 août 2010 à 12:02J’ai perdu une amie très chère à cause de la cigarette. D’où la création de ce blog pour essayer de comprendre pourquoi. Y-a-t-il des méthodes efficaces ?
Pourquoi ceux qui arrêtent risquent de recommencer ? En fait cela fait beaucoup de questions.
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